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PHD Département d’Histoire, Université de Montréal

VIES PUBLIQUES ET VIES PRIVÉES DES ITALIENNES RÉCEMMENT IMMIGRÉES A MONTRÉAL. CONTINUITÉ ET RUPTURE

Continuité et/ou rupture est le sujet que le présent projet de recherche se propose de développer. Plus précisément, je me demande de quelle manière les vies publiques et les choix personnels des femmes italiennes récemment immigrées à Montréal depuis 1990 ont été influencés par la rencontre avec la société d’adoption et à quel point ils restent liés à la culture d’origine. Les femmes auxquelles je fais référence sont des intellectuelles, artistes, enseignantes, chercheuses et écrivaines. Le Canada, ou mieux encore le Québec et Montréal représentent le milieu géographique et le contexte socio-historique ; la seconde moitié du XXe siècle jusqu’aujourd’hui constitue le cadre chronologique. L’histoire de la migration en général jusqu’à sa rencontre avec l’histoire des femmes et l’histoire du genre vers le milieu des années 1990, les changements de perspective intervenus dans les études plus récentes grâce à ce croisement et, enfin, l’historiographie concernant l’immigration des Italiennes au Canada et, plus particulièrement, au Québec et à Montréal constituent l’état de la question. Certains concepts utiles à la problématique, à savoir: les différences et/ou les similitudes entre les histoires de vie et l’histoire orale ainsi qu’entre les vies publiques et les vies privées et entre les deux groupes des femmes que je serai amenée à interviewer, soit les Italiennes récemment immigrées et celles de deuxième et troisième génération, sont les concepts à préciser. La thèse de la “discontinuité générationnelle” est au coeur de la problématique, à savoir la possibilité que la mondialisation ait formé une nouvelle génération, caractérisée par une proximité identitaire qui rassemblerait, au-delà de certaines différences indéniables, dans une unique catégorie les femmes épigones de l’émigration italienne dans le monde, étant donné qu’elles appartiendraient à la même génération et auraient donc un grand nombre de caractéristiques communes, soit la réversibilité de l’expérience migratoire, l’ubiquité culturelle et la réinvention de l’italianité. Environ trente entrevues en profondeur seront réalisées des Italiennes récemment immigrées à Montréal, toutes impliquées dans la vie intellectuelle, professionnelle et artistique québécoise. Une ou deux entrevues seront effectuées auprès d’une ou deux responsables du Centre des femmes italiennes de Montréal. La consultation des sources primaires comme les recensements et de certaines sites web, ainsi que la poursuite de la lecture des sources secondaires compléteront ce cadre. L’histoire orale et les histoires de vie en plus d’une approche comparatiste “divergente” selon une perspective transnationale seront les piliers de la méthodologie.