Des récits des histoires d’un quartier en mutation à la compréhension et à la récupération des expériences de déplacement, l’histoire orale permet aux individus d’exprimer et d’enregistrer leurs récits par le biais de la collaboration. Cette pratique offre de nombreuses possibilités afin de comprendre comment les gens se souviennent du passé, ainsi que la manière dont ils reconnaissent un lieu, leur appartenance et eux-mêmes.
Trouver un point de départ peut s’avérer difficile. Comment commencer un projet d’histoire orale ? Que signifie l’écoute profonde et le partage de l’autorité ? Comment les entrevues de parcours de vie peuvent-ils être des outils d’apprentissage utiles ?
Que vous soyez éducateur.trice, étudiant.e ou membre d’une communauté, les possibilités offertes par l’histoire orale sont vastes. Vous trouverez ci-dessous des guides et des ressources complets proposant une méthode de travail en lien avec des entrevues d’histoire orale portant autant sur le développement d’un projet d’histoire orale original que sur la manière d’utiliser des entrevues existants, en passant par des moyens permettant d’intégrer l’histoire orale dans un contexte scolaire.
En plus de notre guide de développement, les enseignant.e.s et membres du corps professoral trouveront également une liste comparative de programmes, des ressources en ligne et des détails sur la manière dont vous pouvez mettre votre groupe en lien avec le CHORN.

QU’EST-CE LA MÉTHODOLOGIE D’HISTOIRE ORALE?

L’histoire orale est une méthode académique qui consiste à comprendre le passé à travers la mémoire vivante, fondée sur des pratiques éthiques et le partage d’autorité. En pratique, cela se traduit par le fait que l’intervieweur.euse et la personne interviewé font ensemble des choix éclairés et travaillent en collaboration afin d’aider une personne (la personne interviewé) à donner un sens au passé, à y réfléchir et à comprendre comment il se manifeste dans le présent.

Cela implique de réfléchir de manière intentionnelle à la fois au travail que vous effectuez et aux relations que vous cultivez à travers votre travail. L’histoire orale a la capacité de nous relier de manière créative et méthodique à nos sujets, mais aussi de nous relier en tant que conteur.euse.s, tant dans le présent qu’à travers le temps. 

Travailler avec l’histoire orale peut comprendre: développer un projet à partir de zéro ; travailler avec des archives et des entrevues existantes ; se lancer dans des visites guidées basées sur l’histoire orale ; se familiariser avec les technologies disponibles pour enregistrer la mémoire vivante ; s’intéresser à différentes théories et méthodologies de recherche ; et/ou participer à des ateliers afin d’acquérir les compétences nécessaires pour tirer le meilleur parti de vos idées. 

La pratique de l’histoire orale va bien au-delà du simple fait de poser des questions, de recevoir des réponses et de diffuser les résultats de la recherche. Dans le processus de connexion avec le passé, les historien.ne.s oraux se taillent d’abord un espace commun dans le présent.

LE PARTAGE D’AUTORITÉ

En développant le concept d’« autorité partagée » de Michael Frisch, Steven High suggère que le partage de l’autorité implique « l’instauration d’un climat de confiance, le développement de relations collaboratives et la prise de décision partagée ». Il s’agit là d’un des piliers de la méthodologie de l’histoire orale.

Lorsque vous développez votre propre projet d’histoire orale, il est essentiel de reconnaître et de développer intentionnellement une relation collaborative entre vous et votre interlocuteur.trice. À noter qu’il s’agit ici d’un processus continu et co-créatif. En pratique, cela se traduit par le fait de consacrer du temps et de l’énergie à travailler avec vos partenaires d’entrevue, tant dans l’espace de l’entrevue qu’en dehors de celui-ci. 

Lorsque vous menez des recherches à partir d’entrevues existantes, il est important d’ajouter une couche de réflexion supplémentaire au processus de recherche en accordant une attention particulière au contexte dans lequel les entrevues ont été réalisés. Dans ce cas, la collaboration se fait entre vous, l’historien.ne oral qui a mené l’entrevue, et la personne interviewée qui partage ses histoires. Cela dit, vous n’avez peut-être pas accès aux intervieweur.euse.s ni aux personnes interviewées. Il est toujours préférable d’utiliser des entrevues que les personnes interviewées ont accepté de rendre publics.

L’ÉCOUTE PROFONDE

L’écoute profonde fait référence à la présence que vous créez dans l’espace de l’entrevue. En pratique, cela consiste à être attentif aux dynamiques qui émergent pendant l’entrevue ou à prendre en considération votre position d’interlocuteur.trice, et à porter attention aux éléments tels que les émotions, les tensions et les silences présent dans les récits de la personne interviewé. Ces éléments de communication vont au-délà des mots prononcés. Faire preuve d’une écoute profonde signifie également la nécéssité de reconnaître la nature complexe et souvent laborieuse de l’entrevue et ses liens avec la mémoire. L’écoute profonde peut également signifier être à l’écoute des besoins de votre interlocuteur.trice et leur proposer de faire une pause pendant les entrevues. Bien que spécifique au processus d’entrevue, un niveau similaire de réflexivité est encouragé, voire crucial, lors de la réutilisation de sources existantes.

ETHICS

Taking time to think through the ethical implications of an oral history project is a key component of the research development process. You can visit our ethics page for an in-depth look at the core ethics principles, the ethics approval process, and examples of consent forms. In short, at the forefront of any oral history project are four core ethics principles:

Informed consent refers to how you and your interviewee set the terms of the interview and its use thereafter. Before any interview takes place, the interviewee must agree to participate (typically in the form of written or recorded verbal consent), and must be informed on how their testimony will be further used. 

Mitigation of harm refers to the efforts that you take as a researcher to ensure the emotional wellbeing of your interview partner. This can include creating an outline of local counselling and mental health services, following correct protocol when interviewee’s decide to remain anonymous, and sending them a thank you note after the interviews have finished. 

Right of withdrawal honours the choice interviewee’s may make to end the interview at any moment. This is something you should remind your interviewee in the earliest steps of your project so that they are aware their participation is contingent on their terms.

As mentioned above, interviewees retain rights over material in perpetuity, meaning that the consent process is one that is ongoing, and continues into the interview space, as well as long after the interview has finished. In practice, your consent forms must reflect this. If you are planning to interview someone in an institutional setting, like for a class project, you will require formal ethics approval. 

MAPPING A PROJECT

Below you will find a suggested approach for mapping out an oral history project. These steps are relevant should you choose to develop a project from the ground up or to reuse existing interviews.

Imagine the many possibilities of what you would like your project to explore and what shape you wish your interview to take. If you are reusing existing interviews, at this step you will locate your interview(s) or interview collection through exploring different websites, archives, and databases. At this stage you will want to consider your primary research questions, who you would like to interview, the ethics protocol involved with your project and the scope of your project.

At this stage you will either conduct your own or listen to existing interviews as a way of connecting with your sources. Though some scholars prefer working with transcripts, listening to interviews gives you insight into other dimensions of communication including tone, pauses and emotion that are not evident when reading a transcript.

Reflections are a key component of working with oral history. Writing a short reflection can be a good way to capture what struck you with the interviews, whether you are conducting them or listening to existing ones. The post-interview reflection should take place ideally within 24 hours of conducting or listening to an interview. Your reflection will give you a chance to record your feelings about the interview, observations you made, and further questions you may have. This step offers a chance for new metadata to be created that is often absent from your recordings.

Ensuring that all the files are securely stored and well organized, including any consent or ethics forms, is key. You can also transcribe interviews in part or in totality; this can help you pay attention to certain aspects of your interviews. When reusing existing interviews, pay attention to themes or topics that may arise.

Oral history projects can take many different shapes. This can range from traditional forms like papers, articles, books, to podcasts, films, walking tours, performances, and other mediums of visual and material art. For examples of different types of research creation projects see our Research/Creation page.

It is also worth considering whether you would like to donate your own interviews to an archive. This can be a beneficial step as it makes interviews accessible to the community from which the interview emerges. Before you choose to donate your interview, you must refer back to your interviewee and consent forms to make sure a donation is possible and the conditions under which it could happen. To read more about archival practices visit our Archives page.