Researcher

Caroline Martel est une chercheure et artiste documentaire de Montréal qui œuvre en cinéma, dans les musées et en arts médiatiques. À ce titre, elle a collaboré au cours des dernières années au groupe de recherche CINEMAexpo67 à l’Université Concordia chapeauté par Dr. Monika Kin Gagnon (Reimagining Cinema : Film at Expo 67, McGill-Queen University Press, 2014) et à quatre (!) expositions reliées à Expo 67 auprès du Centre d’histoire de Montréal (Explosion 67 – Terre des jeunes et Expo Extra !), le Musée d’art contemporain (À la recherche d’Expo 67) et la Place des Arts (Expo 67: Place aux arts !). Elle a comme sujets de prédilection l’héritage audio/visuel, les histoires occultées, les archives et nos rapports aux technologies : Le Fantôme de l’opératrice (film de montage sur le making-of de la figure des téléphonistes, 66 min, productions artifact, 2004) – Industry/Cinema, (installation de montage sur le film industriel en lien à la culture cinématographique populaire, Dazibao/Museum of Moving Images de New York, 2012) – Le Chant des Ondes (documentaire d’auteur sur le mystère de l’instrument d’ondes musicales Martenot, 96min, productions artifact/ONF, 2012) – Spectacles du monde (installation sur 35 écrans revisitant le cinéma élargi à Expo 67, 7min45, Musée d’art contemporain de Montréal/Place des Arts, 2017). Détenant un bac en Communications et une maîtrise en Media Studies, elle mène actuellement son doctorat sous la supervision de Dr. Charles Acland en poursuivant ses projets de recherche/création rattachés aux cinémas d’Expo 67.

Oeuvres et dispositifs de commandite des cinéastes québécois à Expo 67

Cette dissertation examine les « nouvelles images » conçues pour Expo 67 par les cinéastes québécois afin de comprendre comment s’y rencontrent des catégories multiples de cultures audiovisuelles et s’y négocient, à travers leurs réalisations de commandite et au tournant d’une nouvelle modernité, les ordres du jour des divers représentants politiques, religieux, corporatifs et créatifs. Si jusqu’à présent l’étude des productions médiatiques à l’exposition de Montréal a été principalement caractérisée par une attention à leurs qualités innovatrices et extra-ordinaires, cette thèse cherche à examiner leur histoire dans des dimensions plus locales et matérielles. Ceci d’abord en se penchant sur des installations multiécrans, une télédiffusion spectaculaire et des films de cinéastes francophones qui ont été, pour la plupart, peu ou pas revisités. Cela ensuite en appréciant celles-ci dans toute leur complexité d’œuvres de commandite, conçues à la fois pour le compte d’organismes et de pavillons nationaux, privés et thématiques aux mandats contrastés, et pour des espaces d’exposition et des spectateurs en mouvement. Afin de saisir les dynamiques de création qui se jouent à l’arrière-scène entre les producteurs, les cinéastes, les concepteurs et les commanditaires, l’approche des Productions Studies (Bourdieu, Caldwell, et al.) et le champ d’études du cinéma/des médias utilitaires (Acland, Hediger, Vonderau, Wasson) seront des plus pertinents à mobiliser. On examinera ainsi quels rapports s’expérimentent au sein des travailleurs et des intermédiaires culturels. On explorera comment les œuvres et dispositifs répondent, avec les moyens audio et visuels, à leurs commandes. Enfin, on tentera de comprendre la marge de manœuvre qu’ont eu —ou qui ont pris— les « créatifs ».  À ces fins, la méthodologie reposera sur une analyse historique, théorique et discursive de documents d’archives, mais également sur la collecte d’histoire orale auprès d’une vingtaine de designers, réalisateurs, organisateurs, programmateurs, hôtesses, techniciens et visiteurs d’Expo 67.