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Mes deux familles par Leontine Uwababyeyi

"Dans notre famille, il est dit qu’il vaut mieux vivre deux fois que mourir deux fois."
Une jeune femme ayant survécu au génocide rwandais partage son histoire hors du commun et révèle comment, à 23 ans, elle peut avoir seize enfants.

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Je veux vous raconter une histoire, une vraie histoire, mon histoire.
C’est une histoire qui parle de la façon que la vie d’une personne peut changer dramatiquement dans l’espace de 3 jours, puis de 3 mois.


Jour 1- 9 avril 1994

Il fait noir quand mon histoire commence. Mon père nous demande de mettre nos vestes car il fait froid et il pleut et nous devons aller dormir chez les voisins. Je ne comprends pas ce qui se passe, mais je suis contente de pouvoir aller dormir chez mes amis.

Jour 2-10 avril 1994

Le matin nous retournons à la maison. La maison est toute vide avec les fenêtres et les portes cassées. Il ya beaucoup de gens aux alentours en train de discuter entre eux. J’ai 8 ans et tout cela semble excitant. Chacun se demande ce qui s’est passé. Ma mere prépare à manger pendant que mon frère et moi sommes assis dehors. Le reste de ma famille - mon père, ma mère, ma sœur et mon frère - sont a l’intérieur. Tout a coup, une femme court vers nous. Elle semble folle. Elle dit qu’ils sont en train de tuer les gens.

Nous commençons à courir. Moi, je suis mon frère. Nous allons dans la foret où nous resterons pendant des heures. Puis, nous avançons vers une autre forêt où nous retrouvons notre père. Il nous dit de partir, c’est trop dangereux. Quand nous revenons plus tard, il n’est plus la. Nous restons là toute la nuit, sans dormir.

Jour 3-11 avril 1994

Au lever du jour nous recommençons a nous déplacer. Nous rencontrons quelqu’un qui nous dit que notre mère a été tuée. Je commence a pleurer en disant a mon frère que je veux ma mère et il me repond que si je continue de pleurer ils nous tueront aussi. Donc j’arrête.

Une maison pour 3 mois

Mon frère et moi, nous trouvons une plantation de bananes. Nous nous cachons dans les buissons pendant 3 mois. Ces buissons représentent notre lit, notre salon, nos toilettes; ils representent tout.
 Les premiers jours, une personne nous apporte à manger 2 fois par semaine mais il arrête. 


Je demande a mon frère pourquoi nous sommes ici et il me repond que c’est parce que nous sommes Tutsi.
Je lui demande <>
<> il répond.
Je demande, <> Mais des fois il n’a pas de réponses à mes questions et moi j’ai tellement de questions.

Un jour, le propriétaire de la plantation viens pour nous dire que maintenant les tueurs utilisent des chiens pour chasser et qu’il serait mieux de partir. Chaque nuit, nous essayons de partir mais nous revenons car nous voyons des lumières ou bien nous entendons des enfants qui pleurent. Quatre jours plus tard nous réussissons enfin à partir mais sur la route nous rencontrons un homme qui tient un bol de sang et un couteau dans sa main. Il nous voit et il cri aux autres, aux Interahamwe. Ils ont des couteaux et ils nous poursuivent. Je tombe, et ils poursuivent mon frère et 3 semaines plus tard il meurt lui aussi.

3 jours, 3 mois, 3 semaines et tant de choses ont changées.
 Je me retrouve seule; l’unique survivante de ma famille.

Mais je suis une survivante. Aujourd’hui j’ai 22 ans, et je ne suis plus seule.
 J’ai une nouvelle famille dont je suis la mère. J’ai 16 enfants, des filles et des garçons. Vous devait vous demander, comment cela est possible? Cette famille est née à partir du génocide, a cause de notre besoin d’affection familial. Nous sommes tous des survivants. 
C’est ma famille adoptive, la famille qui m’a adopter. Elle est composée d’orphelins, d’étudiants de mon école qui essaient eux-mêmes de combattre la solitude.
 Ensemble nous formons des groupes et choisissons un père et une mère; si tu es choisie comme mère, tu ne peux pas refuser même si tu es timide.
 J’étais timide avant mais avec le temps j’ai appris à être une mère, a prendre soins de mes enfants. 
J’aime ma famille parce-que quand on fait partie d’une famille comme cela, on partage beaucoup, et on n’est plus seul. Nous visitons souvent les uns les autres et partageons nos problèmes.


Quand un membre de la famille est content, nous le sommes tous. Si une personne est triste nous sommes tristes aussi. On porte tellement de choses à l’interieur dont on ne peut pas partager avec n’importe qui. Mais eux, ils comprennent, même sans mots
.

Dans notre famille, nous disons: il vaut mieux vivre 2 fois que de mourir 2 fois.
 C’est la première fois que je partage cette histoire, et cette histoire est dédié à mes 2 familles.
 Dans notre famille, nous disons: il vaut mieux vivre 2 fois que de mourir 2 fois.

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